Terre d’ailleurs

Terre témoin du temps passé, terre labourée et abandonnée, terre recouverte d’étranges vies, terre chaude ou glacée, terre matrice de l’amour renouvelé, terre généreuse ou stérile, terre toutes les couleurs, terre où les corps refleurissent ou périssent.
Qui mieux que la terre nous révélera l’odeur, l’image, la caresse, la saveur ravivant en nous des instants de paradis



Espaces maritimes ou autre regard…

La vision lyrique des grèves. La mer, la haute mer éloignée des rivages, ses masses en creux, en crêtes et ses tourments. La confusion de la mer et du ciel. L’étendue mouillée des plateaux crayeux et verts d’algues. Les formes fractales conduisant à l’image unifiée de la nature. L’immersion dans la matière eau et lumière.

Tous ces instants de mémoire exprimés en différents formats où les apparences confuses conduisent aux résonances de sens et de plaisir à découvrir.


Au delà de quelques mètres, les hommes, les enfants ne sont que silhouettes sombres, sans visage, écrasés de lumière blanche.
L’individu perd son apparence
La lumière est sans reflet, terne, poussiérieuse
La terre est une croûte brune hérissée de paille
Les horizons successifs marqués de distances opaques
Les gestes sont mesurés
Les voix graves aux sons limités portent loin
Des sons économes de signification, mêlés aux chèvres pleurnicheuses
Les feuilles de manguier sont frissonnantes ce jour de Pâques au Niger.


Métamorphoses

La mouvance, l’intemporel
Traces de vie
Eléments de matière rassemblés
Et de son rapport avec le temps
La recherche de l’essentiel
Matériaux sans âge
Ni air, ni eau, ni terre
Et tout cela à la fois


L’image n’est plus une figure posée, mais enfouie.
Le support absorbe le dessin et ne le restitue que sous une forme spectrale nimbée d’immatérialité.


Par de multiples reprises et superpositions s’effectue la recherche de la destinée du tableau. L’utilisation de peinture acrylique et ou de peinture à l’huile marquera le terme du travail.
La matière et ses couleurs me donnent parfois plus qu’espéré : et là, c’est, une incitation profonde pour peindre encore.
La tentation est grande de vouloir faire dire à un tableau le début et la fin, l’essentiel, et de se heurter à l’impossible. Lorsqu’on obtient seulement un petit quelque chose, un repère pour un rêve, une simple évocation, c’est un certain bonheur en plus.
Le carré est pour moi l’espace accompli de l’équilibre, de la liberté, par opposition au rectangle qui implique une convention, un compromis de lecture. Utiliser son potentiel de vitalité, sa mémoire de l’image, sa sensualité de mouvement pour voyager librement à travers une surface à l’aide de quelques matériaux, c’est l’aventure de la peinture.