J’aime la peinture de Jacques SELLE. Il évolue tout en restant fidèle à lui-même. Il est secret et en même temps très transparent. Il est à la fois traditionnel et d’avant-garde. Il est réaliste et rêveur, à la limite du réel et du fantastique. Il est, en même temps, soucieux de développer sa propre personnalité et dévoré par le besoin d’aller à la découverte de l’autre.
Muriel ZILBERSTEIN

Le Courrier des galeries - 1992 (Extrait)

Comment peut-on définir votre écriture ?
   Je cultive une écriture personnelle qui n’est ni classique, ni d’avant-garde, mais qui vit de son propre rythme et de sa propre respiration.

Quelles sont les composantes de votre écriture ?
   J'ai collecté les images depuis mon plus jeune âge. J'ai subi « l 'enseignement » de Michèle KATZ. Elle m'a aidé à libérer mon geste de toute contrainte.

Quel enseignement avez-vous subi ?
   L’enseignement de KATZ me convient tout à fait. Elle m’a révélé à moi-même à un âge où l’on n’est plus tout à fait disponible à l’enseignement. Je ne sais pas si je suis «  » peintre ; mais je me sens parfaitement à l’aise devant la toile.

Aimez-vous entrer en contact avec la nature pour créer ?
   Mon premier contact avec la nature s’est produit avec la mer. Cela m’a transmis le besoin impérieux d’ouverture et de communication. La mer m’a toujours donné envie d’aller quelque part. Je suis tout le contraire d’un sédentaire.

Avez-vous atteint une écriture personnelle ?
   Michèle KATZ m'a aidé à découvrir ma propre écriture. Et chacun d'entre nous a sa propre écriture. Hélas tout apprentissage nous fait perdre notre spontanéité. Et j'ai essayé de sauvegarder ou du moins de retrouver la mienne ; et chaque créateur s'acharne à la retrouver.

A quoi tend le projet créatif, selon vous ?
   J'ai rejeté tout ce qui est conventionnel pour m'inventer de nouveaux codes de communications, de nouveaux espaces relationnels et de nouvelles possibilités de réalisation de soi. Sans cet élan, tout projet créatif est vain.

Aller vous faire entrer la mer dans votre peinture ?
   J’essaye, au contraire, de la faire sortir. Je ne veux pas tomber dans la facilité. La mer compte beaucoup dans ma sensibilité. Il faut reconnaître que la terre n’est pas absente. La mer n’a pas l’exclusivité. La terre marque notre besoin d’attache, de retour aux sources. Je travaille comme artisan et comme un laboureur. Je construis une image pour ensuite l’effacer et arriver à une quintessence de la forme. Beaucoup d'observateurs me demandent de structurer davantage mes tableaux. Je leur explique alors que cet effacement est volontaire.